Les cuirs utilisés pour la fabrication de chaussures sont divers et variés.
En fonction de l’animal dont est issue la peau (et selon comment le cuir a été tanné), il aura une apparence et des caractéristiques différentes.
Si la matière première n’est pas la peau d’un animal, on parle par abus de langage de cuir végétal
Cet article a pour but de vous présenter les différents animaux dont le cuir est utilisé pour fabriquer des chaussures et de dresser leurs caractéristiques.
Il est à noter que le cuir est, dans une très large majorité de cas, une valorisation des déchets de l’industrie de la viande.
Les cuirs exotiques représentent une infime part du marché, car 99% du cuir produit dans le monde provient de 4 animaux :
- veau, vaches, boeuf
- moutons
- porcs
- chèvres
N’oubliez pas : quelle que soit l’origine de la peau, la tannerie peut, en fin de fabrication, lui appliquer les différentes finitions du cuir (aniline, nubuck, cuir pleine fleur, etc.)
Sommaire
Cuir de veau
C’est sans doute le cuir le plus utilisé dès qu’on parle de chaussures de qualité pour hommes.
En effet, le cuir de veau, en plus de présenter assez peu de défauts, est :
- doux
- souple
- durable
- Lisse
A l’origine, pour avoir l’appellation cuir de veau, il fallait que la peau provienne d’animaux de moins de 6 mois.
Mais cette limite a été repoussée, même si l’on est souvent sur des animaux de moins d’un an (en France il faut qu’on soit en dessous de 8 mois pour parler de cuir de veau).
A lire également : est-ce que le cuir des chaussures se détend ?
Cuir de vache
Il est, de loin, le cuir le plus produit au monde.
Le cuir de vache est plus épais et résistant que le cuir de veau, mais moins souple (forcément).
Cependant, les peaux présentent plus de défauts, car les animaux ont vécu plus longtemps et ont donc été plus exposés à d’éventuels maladie, parasite et autres soucis qui peuvent marquer les peaux et les rendent alors moins nobles que le cuir de veau.
On en fera, le plus souvent, des cuirs assez bruts, utilisés pour la confection de boots par exemple :
sont deux exemples célèbres de cuir de vache.
Cuir de cheval
Autre type de cuir très connu dans la confection de chaussure.
La partie avant de la peau (le collet) est plus fine et sera souvent utilisée pour la confection de blousons en cuir.
Le croupon (bas du dos et fesses) bien plus épais et donnera un cuir aux propriétés assez proches du cuir de vache (durable et résistant).
La structure des pores de la peau étant très différente, le cuir de cheval n’aura pas du tout le même aspect que le cuir de vache.
Le cheval est également à l’origine de l’un des cuirs les plus connus pour la confection de chaussures : le shell cordovan
A lire également : quel type de cuir choisir pour des chaussures ?
Cuir de mouton
C’est l’un des cuirs les plus souples qui existent (avec le cuir d’agneau qui est en fait le cuir d’un mouton de moins de 3 mois).
A cause de la on l’utilisera plus pour la confection de chaussons que de chaussures, car le cuir de mouton s’étire très facilement (donc de gros risques de déformations).
Comme il est possible de conserver la laine sur la peau, on l’utilisera parfois en doublure pour proposer des chaussures fourrées qui permettent d’éviter d’avoir froid aux pieds
Cuir de chèvre
C’est un cuir d’une finesse incroyable et très délicat qu’on retrouvera plus souvent sur des chaussures pour femmes ou éventuellement des chaussures d’été hommes souples.
Il est plus fin que le cuir de vache, mais plus épais que le cuir d’agneau.
Sił provient d’une chèvre plus jeune on parlera alors de cuir de chevreau qui sera encore plus souple.
Cuir de bison
C’est un cuir particulièrement robuste et résistant qui possède un grain naturel (contrairement à la plupart des cuirs grainés qui sont obtenus par marquage ou foulonnage à sec)
Les tanneries qui fabriquent du cuir de bison s’efforcent de préserver ce grain naturel en faisant sécher les peaux sans les étirer. Un procédé plus long (donc plus couteux) qui, en plus de conserver le grain, donne des cuirs plus épais.
Compte tenu de la nature de l’animal, la peau présentera de nombreuses traces et on utilisera donc le cuir de bison pour des chaussures tous terrains.
Cuir de porc
C’est un cuir souple, dense.
En revanche les peaux sont assez fines donc plus souvent utilisées pour des chaussures femmes.
Cependant, le cuir de porc est bas de gamme, car il est très poreux.
Il ne présente pas de caractéristiques particulièrement intéressantes si ce n’est son prix très abordable.
Les progrès technologies ont rendu plus facile (donc moins couteux) son tannage et c’est pour cela qu’on en voit de plus en plus.
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Cuir de cerf
C’est un cuir particulièrement souple et léger qui présente un grain qui peut rappeler le cuir de taurillon.
On l’utilise surtout pour la confection de gants ou de vêtements et plus rarement pour des chaussures.
Cependant, certaines marques l’utilisent pour la confection de mocassins très souples ou l’associent avec une doublure relativement épaisse pour lui donner plus de force et de maintien.
Ne pas confondre avec le cuir de rennes.
Cet animal vivant dans des conditions bien plus rudes, dispose d’une peau bien plus épaisse que celle du cerf et donnera donc un cuir plus résistant, mais moins souple.
Cuir de koudou
Ce cuir, lisse et très souple, provient d’une antilope sauvage d’Afrique australe et est utilisé pour la confection de chaussures en Afrique depuis plus de 2000 ans.
Les peaux, très naturelles, sont marquées par les conditions de vie de l’animal (éraflures, cicatrices, piqures d’insectes) laissent des traces qui font tout le charme et le caractère de ce cuir hors du commun.
Le cuir de koudou (kudu) est en général plus fin (donc plus souple) que le cuir de vache, mais plus dense en fibre ce qui le rend au moins aussi résistant.
Cuir de kangourou

C’est un cuir assez proche de celui de la vache bien qu’il soit un plus fin et avec un aspect différent (plus lisse et douce).
Il offre une bonne durabilité et une très grande souplesse (on l’utilise beaucoup pour la confection de chaussures de foot par exemple).
Par contre, c’est un cuir qui, quel que soit le tannage utilisé, marquera beaucoup.
Le cuir de kangourou est assez peu commun en Europe, on le retrouve davantage dans les pays qui consomment de la viande de kangourou comme l’Australie.
Cuir de crocodile, alligator et caïman

Le crocodile et l’alligator donnent des cuirs similaires (seul le motif des écailles sera différent) qui sont particulièrement chers et associés aux produits de luxe.
Seuls les flancs et le ventre seront utilisés pour la confection du cuir, car le dos est bien trop épais et rigide.
Le motif dessiné par les écailles est unique et propre à chaque peau.
Le commerce de ces peaux est sévèrement règlementé par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) aussi appelée convention de Washington
Concernant le cuir de caïman, si son aspect est similaire aux deux autres, mais sa durabilité est bien moindre.
Cuir de lézard
L’appellation cuir de lézard regroupe en fait les cuirs issus de différents animaux.
Pour citer les plus connus, il y a :
- le Teju qui donne un motif uniforme de petites écailles.
- l’iguane donnera un cuir avec de grandes écailles rondes.
- le varan : reconnaissable à ses grandes écailles rectangulaires.
Le cuir de lézard est très fin (entre 0,6 et 1,2 mm d’épaisseur) donc très léger et présente une texture unique.
Comme pour le cuir de crocodile et d’alligator son commerce est particulièrement règlementé.
Cuir d’autruche
Le cuir d’autruche est rare (mais bien moins cher que le cuir de crocodile) et reconnaissable immédiatement par sa texture unique bosselée (à cause l’implantation des plumes dans la peau).
C’est un cuir doux et souple qui donnera des chaussures confortables et faciles à faire.
Les peaux d’autruche proviennent également d’animaux élevés dans des fermes règlementées.
Cuir d’éléphant
Comme pour les cuirs de crocodile et alligator, le cuir d’éléphant est régi par la CITES et provient forcément d’animaux d’élevage dont l’abattage est régulé en fonction de la population dans le pays d’origine.
Le cuir d’éléphant possède un aspect et une texture striée unique qui lui donne un côté baroudeur, sauvage.
Particulièrement épais et résistant, il est tout indiqué pour la fabrication de boots
Cuir de pécari

Bien que plus répandu dans la confection de gants, le cuir de pécari peut parfois être utilisé dans la fabrication de chaussures.
On le reconnait aisément à cause de l’implantation des poils dans la peau.
Ils poussent par trois et laissent donc une empreinte caractéristique sur le cuir de pécari.
Ce cuir est d’une extrême douceur et souplesse.
Cuir de raie
Ce cuir (aussi appelé galuchat du nom de son inventeur, Jean-Claude Galluchat) est très dur et résistant et présente un motif serré de petites perles.
Cette texture le rend facilement identifiable, mais aussi particulièrement compliqué à travailler.
En général, on l’utilisera sur des patronages très simples (comme des richelieu one-cut) car il faut réaliser les coutures entre les « bosses/perles ».
Ces dernières sont si dures qu’elles cassent les aiguilles des machines à coudre.
Ajoutez à cela sa rareté (car le procédé de tannage est bien plus complexe que pour un cuir de vache) et vous obtenez un cuir qui est cher à l’achat
Cuir de requin
Voici un cuir particulièrement rare (et cher) qui présente souvent un aspect bicolore à cause des stries de la peau.
Pour un même animal, la couleur varie de brune sur le dos et les côtes à blanche sur le ventre.
La peau de requin est garnie de petits tubercules très serrés les uns contre les autres, qui la rendent très dure et donc très résistante (mais aussi très compliquée à travailler).
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce cuir n’est pas du tout résistant à l’eau.
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Fondateur de Jacques & Déméter, marque française de chaussures haut de gamme créée en 2011, je travaille depuis plus de 15 ans dans l’univers du soulier, du cuir et de l’entretien.
Spécialisé dans les constructions Goodyear, norvégienne, Blake et stitchdown, je sélectionne et teste personnellement les cuirs, les montages et les produits d’entretien proposés sur le site.
À travers le blog Jacques & Déméter, je partage des retours terrain, des analyses techniques et des conseils concrets issus de l’expérience client et atelier.
Mon objectif : aider chacun à mieux choisir, mieux entretenir et faire durer ses chaussures dans le temps.