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Chaussures de qualité VS Souliers lambda : 7 différences qui (vous) coûtent cher !

Soyons réalistes :

TOUT LE MONDE est persuadé que CHER = QUALITÉ.

Le sujet « chaussures de qualité vs souliers lambda » se résume à la question du prix pour presque toutes les personnes que je connais. 

 

« C’est faux, moi je… »

Bon, oui, d’accord, j’exagère un peu, laissez-moi reformuler :

Prenons un produit quelconque.

Une machine à gaufres. (Pourquoi pas ?)

Si :

  • vous présentez la machine à gaufres à un groupe de personnes A, avec un prix X,
  • puis à un groupe de personnes B, avec un prix Y (avec Y>>X),

devinez quel groupe va percevoir le produit comme étant plus qualitatif ?

(Désolé pour le soupçon de maths. Tant que je fais l’intello, je vous conseille le très bon « Influence » de Robert Cialdini si la psychologie comportementale vous intéresse)

 

Eh oui : le groupe B. De loin en plus. 

Ce raccourci intellectuel est la source de milliards de chiffre d’affaires et de ventes astronomiques des grandes maisons de luxe.

 

chaussures de qualité

« Vuitton c’est trop bien! » « Ah oui, pourquoi ? » « Bah c’est cher ! »

 

Bien sûr ce raccourci présente bien des mérites.

Par exemple il vous évitera d’hésiter pendant des heures devant des crevettes trop bon marché.
Mais il perd de son intérêt dès qu’il s’agit de choisir entre deux produits qui ne peuvent pas provoquer de graves intoxications alimentaires.

 

Le fait que « prix élevé » n’est pas forcément équivalent à « bonne qualité » va souvent de soi pour des domaines comme le high-tech.
Pourquoi tant de gens l’oublient-ils lorsqu’on en vient aux produits d’habillement ?

  • NON, un MacBook n’est pas 4 fois plus puissant qu’un PC qui coûte le quart de son prix.
  • NON, une veste The Kooples n’est pas forcément composée de matières plus luxueuses qu’une veste H&M.
  • NON, des souliers Gucci en cuir plastifié/bookbindé à 1600€ ne tiendront pas plus longtemps qu’une bonne vieille paire de Converse à 60€.

 

Pourtant, ne vous méprenez pas : il est évident que – statistiquement – vous aurez plus de chances de tomber sur des meilleurs produits dans les rayons des beaux magasins.
Mais on ne peut s’arrêter là dans la recherche de la qualité.

Bref : si vous jugez la qualité d’un produit uniquement à son prix vous allez au-devant de bien des mauvaises surprises. 

 

La qualité d’un produit n’est pas proportionnelle à son prix.

=

Des chaussures cheres ne sont pas forcément des chaussures de qualité.

 

En effet, le prix d’un produit est influencé par de nombreuses variables.

Et la qualité n’en est qu’une seule !

 

chaussures de qualité

Ici, par exemple, le prix – 120$ pour un Tshirt blanc conçu par Kanye West – est fonction de la bêtise des gens.

 

« Mais je regarde quoi alors pour choisir ?  Qu’est-ce qui différencie des chaussures de qualité de souliers lambda ?»

 

Très bonne question à laquelle je vais tenter de répondre afin de faciliter vos prochains achats de chaussures !

Accrochez-vous pour l’affrontement du siècle: chaussures de qualité VS souliers lambda

 

 

DIFFÉRENCE N°1 : les imperfections, témoins des conditions d’élevage des animaux dont provient le cuir.

 

La matière d’un soulier est un très bon indicateur de la qualité globale de la chaussure :

Pourquoi s’embêter à utiliser de belles matières premières si c’est pour bâcler la fabrication ?

 

Encore faut-il savoir ce qu’est un cuir de qualité !

Si je vous demande : pourquoi dit-on d’une personne qu’elle a une belle peau ?

Vous me répondrez quoi ? La teinte, l’absence d’imperfection, etc.

Et bien, il en est de même pour le cuir (après tout, il s’agit de la peau d’un animal) !

 

Un beau cuir n’aura que très peu d’imperfections (je ne parle pas d’acné, mais plutôt des veines apparentes, des cicatrices, des piqûres d’insectes…).
Il est donc le résultat de bonnes conditions d’élevage, d’une bonne santé et d’une bonne alimentation.

Un veau soigné et choyé, qui a de l’espace pour gambader et vivre, donnera un cuir d’une qualité bien supérieure qu’un veau qui a grandi sur quelques mètres carrés en élevage industriel et gavé aux antibiotiques.

souliers de qualité

je ne conçois même pas comment quelqu’un a pu se dire ‘tiens il est beau ce cuir, utilisons le pour fabriquer une chaussure »

 

ATTENTION TOUTEFOIS :

Il est presque impossible de n’avoir aucune imperfection sur vos chaussures puisque cela demande une peau parfaite (ou alors des pertes énormes lors de la coupe pour chaque peau et donc des chaussures qui vont être très, très chères). 

Or, même le plus gâté et soigné des veaux peut tomber, s’égratigner, se faire piquer par une guêpe, se faire taper par des veaux voyous

Bref, c’est la vie. Si vous voyez un bout de veine presque invisible (c’est plus ennuyeux s’il est en plein milieu) ce n’est pas la fin du monde.
Note : si vous cherchez de chaussures en nubuck, faites attention à ce que le cuir soit ras et fin. Essayez de dessiner dessus à l’aide de votre doigt : s’il laisse une trace marquée, c’est bon signe.

 

La teinte, en revanche, sera plus révélatrice d’un cuir de piètre qualité :

si les chaussures que vous examinez sont ternes et ne prennent pas la lumière (= n’ont pas de beaux reflets), évitez-les.

Si vous avez du mal à repérer ce qu’est une belle teinte de cuir, profonde, c’est que vous n’en avez probablement jamais vu.

Dans ce cas, je vous invite à venir au showroom de Jacques & Déméter pour vous montrer.

A défaut, allez flâner du côté des maisons réputées pour la qualité de leurs cuirs comme Hermès ou Edward Green par exemple (oui, c’est trèèèèèès cher, mais rien ne vous empêche de regarder ;) )

chaussure de qualité

Voici une belle teinte de chez C&J ! (Ça n’a rien à voir avec ce que vous pouvez trouver chez André & Co.)

 

A RETENIR :

Scrutez les chaussures en magasin pour voir s’ils présentent beaucoup d’imperfections puis éloignez-vous-en pour juger de la teinte générale du cuir.

 

 

DIFFÉRENCE N°2 : l’appellation. Fuyez la croûte de cuir, matière des chaussures bas de gamme ! 

 

Le cuir, comme toute peau, est composé de plusieurs parties. 

 

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Si le cuir présente des défauts sur la partie supérieure (= fleur), on va venir la poncer pour améliorer l’aspect de surface de la peau. On parle alors de fleur corrigée.

Si cela ne suffit pas à obtenir une belle peau, on continue le ponçage pour arriver à la croûte de cuir.
Note: la fleur donne au cuir ses qualités de résistance. C’est pour cela qu’elle est si importante.
 

Si, malgré cela, il y a ENCORE des défauts, on traitera la peau avec des produits chimiques « tchernobyliens » afin d’obtenir quelque chose de présentable.

Là, on commence à être très loin du cuir vous ne trouvez pas ?

 

La croûte de cuir est donc à la fois moche, mais aussi très fragile puisque c’est une peau poncée jusqu’à l’os ! 

 

souliers de qualité

C’est terne, fade et fragile… C’est de la croûte de cuir !

 

Bien sûr, les cuirs pleine fleur sont rares et chers.

Mais ce n’est pas une raison pour acheter de la croûte de cuir – qui n’a MEME PAS LE DROIT d’être appelée « cuir » légalement, c’est dire.

De plus, la croûte de cuir provient d’animaux qui ont une peau épouvantable. 
Donc en mauvaise santé et, potentiellement, maltraités.

 

Bref, fuyez cette matière comme la peste si vous tenez à acquérir des souliers de bonne facture qui tiendront plus que quelques mois.

 

A RETENIR :

le type de cuir utilisé est une grande différence entre des chaussures de bonne et de mauvaise qualité.
Demandez au vendeur si vous avez affaire à un cuir pleine fleur, fleur corrigée ou à de la croûte de cuir.

S’il ne sait pas, c’est (très) mauvais signe.

 

 

DIFFÉRENCE N°3 : le tannage. Etape nécessaire, mais souvent catastrophique dans les pays qui produisent pour la grande distribution 

 

(je résume rapidement un article détaillé écrit par Maxime, jetez-y un coup d’oeil si vous voulez en apprendre plus sur cette étape cruciale et déterminante dans la fabrication du cuir.)

La peau est putrescible. Si vous la laissez traîner… et bien, en plus de sentir très mauvais, elle va se décomposer très rapidement.

Tanner c’est donc rendre la peau imputrescible ( = la transformer en cuir).

 

Comment ?

Par l’intervention d’agents tannants, appelés tanins, qui transforment les protéines contenues dans la peau en produits insolubles et résistants à la décomposition organique.

Chaussures de qualité

Voici la transformation de peau en cuir (Tannerie Horween)

 

Il y a deux manières de procéder :

  • soit on se décide pour un tannage végétal
    Luxueux de nos jours, on va, dans ce cas, laisser macérer la peau dans des extraits d’écorce de châtaignier, de pépins de raisin, etc. 
    Les peaux tannées de cette manière vieillissent très bien (c’est pour cette raison que nous ne choisissons que des cuirs à tannage végétal ou mixte pour la confection des souliers Jacques & Déméter).

  • soit on procède par tannage chimique
    Dans ce cas, on laisse la peau tremper dans une solution de sels de chrome.

 

99% des cuirs que vous voyez en grande distribution ont été soumis à un tannage chimique, plus rapide et beaucoup moins cher, mais aussi très polluant.

C’est en grande partie pour cela que le tannage a lieu dans des pays du tiers monde.

Il serait bête de polluer nos eaux à nous… De payer des employés à un salaire décent ou encore d’être contraint par les normes européennes à de lourds investissements pour retraiter les eaux usées.

Enfin, vous voyez l’idée. 

 

A RETENIR :

Lors de l’achat de vos chaussures, demandez comment le cuir a été tanné.
S’il est 100% chimique et que les souliers coûtent aux alentours d’un demi-SMIC, allez voir ailleurs.

 

 

DIFFÉRENCE N°4 : les semelles cousues VS les semelles collées

 

Aussi bien sur les baskets que sur les chaussures en cuir, les semelles collées sont à éviter.

La colle tiendra rarement plus d’un an.
Et bien moins si vous marchez souvent sous la pluie.

 

Si vous avez le choix, optez TOUJOURS pour une semelle cousue : que ça soit un cousu Blake, Goodyear ou Norvégien (pour citer les plus communs) elle ne se désolidarisera pas de sitôt de votre chaussure et vous évitera ainsi le look « crocodile ».

l’effet « crocodile », qui permet de jeter une quantité d’eau époustouflante lorsque vous donnez un coup de pied dans une flaque d’eau. Bon, vous aurez les pieds trempez, mais ça, c’est un autre problème.

 

A RETENIR :

Vérifiez que la paire de chaussures qui vous fait de l’oeil possède bien une semelle cousue.

 

 

DIFFERENCE N°5 : les semelles CORRECTEMENT cousues VS les semelles cousues 

 

Une fois que vous avez compris la supériorité de la semelle cousue à la semelle collée il convient de creuser plus en profondeur pour savoir ce qui différencie une chaussure haut de gamme d’une chaussure moyen de gamme.

 

Deux cousus dominent le marché : le Blake et le Goodyear. 

Il est facile de se perdre dans la guéguerre que se livrent les amateurs de chaussures.

Permettez-moi de vous résumer la chose :

  • Le Blake permet la construction d’une chaussure plus fine et plus souple.
    Mais il est plus fragile que le Goodyear et ne peut pas se ressemeler à l’infini.

  • Le Goodyear est plus pataud (nécessité d’un débordant tout autour de la chaussure) et donne un soulier plus rigide, qu’on peut ressemeler autant de fois qu’on le souhaite.
    Notons qu’avant d’avoir besoin de ressemeler des souliers, il faut les avoir portés fréquemment pendant des années. Surtout si vous faites poser des fers et patins sur vos semelles en cuir

 

« Très bien. Je choisis le Goodyear alors ! »

N’allez pas trop vite en besogne.
Il faut que je vous dévoile un petit secret avant que vous puissiez choisir en toute connaissance de cause. 

 

La mauvaise réputation dont souffre le Blake n’est pas toujours justifiée.

Le problème vient de la grande distribution qui a compris que coudre les semelles permet de donner une impression de qualité au consommateur.

Or, le cousu le plus simple à réaliser rapidement est le Blake.

Cela a mené à un raz de marré de cousus Blake affreux, réalisés n’importe comment par des travailleurs sans aucun savoir-faire (mais ce n’est pas eux qu’il faut blâmer bien évidemment) dans le but de vendre plus cher…

 

« Mieux vaut un bon Blake qu’un mauvais Goodyear ! » 

Par exemple : Chez Jacques & Déméter, sur nos modèles qui ne sont pas cousus Goodyear ou Norvégien, nous réalisons le cousu Blake :

  • avec deux fils poissés (pour l’étanchéité) ;
  • en points noués donc indépendants (et pas avec un simple point de chaînette comme sur les modèles moyen de gamme) cela offre une plus grande solidité et durabilité au montage.

De plus, notre Blake est réalisé sous gravure.

Cela signifie que la gorge dans laquelle la couture est réalisée est ensuite refermée pour protéger le fil de la couture et offrir, encore une fois, une plus grande qualité.  

 

Certains fabricants se sont mis à proposer du cousu Goodyear en entrée de gamme. 

Compte tenu de la complexité de réaliser un tel montage vous comprendrez aisément que des économies sont réalisées à droite et à gauche. 

Comme je vous l’explique dans un autre article : ne croyez pas au père Noël avec les chaussures pas chères

En fin de compte un Blake réalisé dans les règles de l’art n’a rien à envier à un Goodyear bon marché.

 

 

A RETENIR :

Vérifiez toujours par vous même le cousu des souliers en magasin afin de voir si le tout a l’air stable.

Est-ce que les points de couture sont bien rapprochés (signe d’un travail minutieux) ?
Est-ce que le fil a l’air solide ?
Etc.

C’est bien plus important que de se perdre dans l’éternel « Goodyear VS. Blake ». 

 

 

DIFFERENCE N°6 :  le pays de fabrication peut révéler si vous êtes face à un soulier de qualité… ou non 

 

Les meilleures lasagnes du monde sont préparées à Naples, leur ville d’origine. 

Les meilleurs macarons du monde sont à Paris. 

Le meilleur Gulasch mijote en Hongrie à l’heure où j’écris ces lignes.

chaussures de qualité

Hmmm…un bon Gulasch…

 

Cette différence de savoir-faire que l’on admet aisément sur le plan culinaire vaut pour presque tous les domaines, notamment celui de la chaussure. 

Certains pays possèdent un plus grand savoir-faire dans la confection de souliers que d’autres.

Savoir où vos souliers ont été conçus et fabriqués vous donnera un indice sur leur qualité globale.
Note : il va de soi que vous pouvez avoir des surprises. Par exemple, tomber sur un maître-bottier italien qui s’est installé en Uganda. Mais je ne parierai pas là-dessus.

 

Si vous voulez être sûr d’acheter des souliers de qualité, faites en sorte qu’ils proviennent des pays suivants : 

  • Angleterre : les Anglais possèdent un savoir-faire ancestral dû notamment à un climat propice aux gros souliers en cuir.
    Peu de pays nécessitent d’inventer un type de soulier pour se balader dans les marécages

  • Italie : nos voisins transalpins ont une culture calcéophile parmi les plus développées du monde.
    Ce que vous n’avez certainement pas manqué de remarquer si vous avez êtes déjà passé par Milan ou Rome.
    Attention tout de même : le « made in Italy » est un énorme argument de vente et certains l’ont bien compris et en abusent. 

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  • France : notre cher Hexagone possède des artisans ultra-qualifiés
    Mais la France n’encourage plus l’artisanat depuis un bon moment faisant des souliers made in France des pièces rares… 

  • Japon : l’art bottier japonais est peut-être méconnu du grand public, mais il n’en demeure pas moins merveilleux. Spécialisés dans le sur-mesure et le (très) haut de gamme, les artisans japonais n’ont rien à envier à leurs homologues européens. 

  • Espagne : elle possède un savoir-faire plus récent, mais qui va croissant. Cependant, la qualité n’est pas toujours garantie.

  • Portugal : c’est un pays de choix lorsqu’il s’agit de confectionner en Europe – pour donner une impression de « qualité » au client – à bas prix.
    Ne vous méprenez pas : la qualité de l’ouvrage chez les champions d’Europe 2016 (grr…) n’est pas « mauvaise » mais aucune paire qualifiable de « haut de gamme » ne provient de chez eux
    .

 

En revanche, FUYEZ  les souliers en provenance des pays d’Asie et d’Afrique. 

La grande distribution les adore pour leur absence de législation en termes de travail, environnement, etc.

Acheter une telle paire de souliers revient à financer la pollution massive de l’eau potable en Inde, la déforestation en Amazonie et le travail des enfants (je sais, ça sonne dramatique, mais c’est malheureusement le cas). 

 

A RETENIR

Certains pays savent faire des choses mieux que d’autres. 

C’est le fondement de l’avantage comparatif de Ricardo – qui explique le commerce mondial comme nous le connaissons – et un des indicateurs facilement vérifiables attestant de la qualité de vos souliers. 

 

Bien plus important encore que le pays d’origine, il y a un 7ème indice, pour lequel vous allez certainement me bouder.

Mais je dois absolument l’évoquer ! 

 

 

Différence N°7 : le prix. Un indicateur ambivalent, qui permet toutefois de différencier les chaussures de qualité des nombreuses chaussures lambda qui peuplent ce monde. 

 

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Oui, je sais, j’ai menti, désolé.

Le prix est une notion extrêmement équivoque et il était vital que je vous prévienne de ses travers en début d’article pour pouvoir y revenir maintenant. 

 

Il est en réalité un très bon indicateur de la qualité de vos souliers.
SI (et seulement SI!) vous connaissez les variables qui l’influencent :

  • le salaire de la main-d’oeuvre ;
  • le coût de l’ouvrage ;
  • le coût des matières premières ;
  • les dépenses marketing ;
  • les boutiques (qui coûtent aussi) ;
  • la marge (eh oui, il faut bien vivre de quelque chose) ;
  • etc.

 

 Laissez-moi illustrer tout ce que le prix peut révéler à l’aide de deux paires de souliers coûteuses :

 Une paire de souliers HB (je vous laisse comprendre ce que vous voulez) : le prix sera « justifié » par :

 

Le salaire de la main-d’oeuvre (tiers-mondiste), le coût de l’ouvrage (« un peu de colle, des semelles en plastique et c’est fini »), le coût des matières premières (de qualité révoltante), etc.

Tout cela ne pèse ici pas du tout dans la balance. 

On se retrouve donc avec des souliers p(m)iteux à 350-500€, dont la qualité équivaut à 5% du prix affiché. 

Un cas d’école de « faux luxe » en somme.

 

Une paire de souliers Edward Green. Vous connaissez la marque ? Si oui, ce n’est certainement pas grâce à des spots publicitaires exorbitants puisqu’ils n’en font pas.

Ici, le prix sera justifié par :

  • le salaire de la main-d’oeuvre (des artisans anglais dans des ateliers à Northampton) ;
  • Le coût de l’ouvrage (réalisé à la main, avec des cousus de qualité) ;
  • des matières premières (même la peau d’une vache en bonne santé comporte souvent que très peu de cuir parfait, ce qui explique que le coût du cuir seul peut s’élever à 300€) ;
  • les boutiques ;
  • des marges intéressantes puisque la marque est tout de même réputée dans les hautes sphères sociales et peut se le permettre.

On se retrouve donc avec des souliers haut de gamme à 900€ ou plus, dont le prix affiché est légitime au vu de la qualité du produit final. 

 

A RETENIR :

Le prix est indicateur potentiel de la qualité de vos souliers. 

Des chaussures à moins de 300€ ne peuvent être haut de gamme.
Elles peuvent être de bonne qualité, bien sûr, mais aucune marque ne peut endosser les coûts élevés du cuir haut de gamme et de l’artisanat de renom à un prix inférieur à 300€ tout en étant rentable. 

 

En revanche, un prix supérieur à 300€ ne vous garantira EN RIEN l’acquisition d’une paire de belle qualité. 

Inspectez chaque détail évoqué dans cet article pour finalement vous demander

« Est-ce que la marque se ruine en spots publicitaires indécents et me les facture à travers le prix de ces souliers? »

Si ce n’est pas le cas, allez-y, vous tenez peut-être une pépite !  

 

—————————-

Voilà, vous êtes arrivé à la fin de cet article. 

« Enfin ! C’était bien long. »

Oui, j’en suis conscient, mais dites-vous que vous n’allez plus jamais jeter de l’argent en craquant pour des paires de souliers qui ne valent même pas 10% de leur prix. 

 

  • A. Non

    Carlos Santos est tout triste d’apprendre que ses souliers ne sont pas haut de gamme.

    • Bonjour.
      Pour quelle raison ? Le pays de fabrication ? Personnellement je ne suis pas un grand fan de la confection ibérique.
      Pour avoir vu des C. Santos je considère que, sur du GY, ce sont des chaussures de milieu de gamme mais effectivement pas du haut de gamme.

      • Anon

        Vous avez vu une paire de handcrafted ? Avec un montage hybride GY/Blake ?
        C’pas ma came, mais c’est du haut de gamme. Et c’est fabriqué au Portugal.

        Pour rire on ajoute Vass (et les autres) en Hongrie… Scheer en Autriche… Saint Crispin en Roumanie…

        • Rien que d’ajouter l’appellation handcrafted sur du cousu machine est plus que limite.
          Les montages hybrides sont, pour moi, un non sens…
          Je ne sais pas de quelle ligne la paire que j’ai vue provenait mais je maintiens : c’était qualitatif mais pas du haut de gamme.

          On peut toujours trouver des exceptions bien entendu comme Vass ou St Crispin ça je vous l’accorde.

  • Bbr

    Article intéressant, mais alors franchement, l’orthographe et la grammaire… J’y suis au moins autant attaché qu’à la qualité de mes chaussures, et si souvent, je hausse les sourcils en lisant les articles de ce blog, dans le cas présent, c’est plus que ça, au point de m’inscrire pour laisser un commentaire… Sans méchanceté, vous devriez vous relire avant de publier, je trouve ça vraiment moyent en terme d’image…

  • strat

    Bonjour,

    Vos articles sont toujours intéressant.

    Pour ma part, dans les années 90, je chaussais souvent des doc
    martens modèle 1460 ou 1461. Pour moins de 150 euros, je les gardais en moyenne
    7-8 ans.
    Mais, la qualité dans les années 2000 s’est dégradée, pour le
    même prix, car elles sont fabriquées maintenant en asie alors qu’auparavant en
    Angleterre, dans l’usine NPS Solovair. Du coup, maintenant, j’achète des Solovair
    qui sont toujours fabriqués en angleterre dans une usine qui date de la fin du
    19° siècle, cousu goodyear.
    Pour environ 150 euros à 200 euros, je porte leur chaussures qui
    me durent 8 ans sans aucune déchirure de cuir, en alternant 2 paires. En
    fait, c’est l’usure de la semelle extérieure qui me fait les remplacer.
    Donc, d’après mon expérience, je ne vois pas l’intérêt de
    dépenser plus.

    • Éric_G

      L’intérêt de dépenser plus, ce serait l’esthétique…
      Doc Martens, ça m’allait tant que j’étais un teenager.

    • J’ai répondu à votre mail.
      Les Dr Martens fabriquées au UK sont de bonnes chaussures mais pas du haut de gamme (aussi bien dans les détails de fabrication, que le cuir utilisé ou les éléments invisibles).

  • Éric_G

    Dans tous les domaines, on revient toujours à l’appréciation du prix et de la valeur des choses.
    Dans la plupart des cas, le premier n’est pas en accord avec le second, et il faut user de discernement.
    Merci pour cet article bien argumenté (et documenté).

  • LeNab

    Je pense que cet article est fort bien écrit et documenté, il répondra à la plupart des questions que posent les internautes mais sans rentrer dans les détails, tout est relatif…
    Comme l’a souligné Anon ci-dessous, il faut regarder aussi ce qui se fait de mieux ailleurs, le monde s’ouvre très rapidement et nombreux sont ceux qui s’engouffrent dans la brèche, marques industrielles comme artisans et je me méfierais de l’Asie à l’avenir. Ceux de ma génération se souviennent encore des commentaires sur l’automobile japonaises qui en a fait rire jaune plus d’un.

    • Merci pour ce commentaire LeNab !
      Content de voir que certains membres de DPEC prennent le temps de venir jusqu’ici commenter nos articles :)

  • Greg Madman

    Hmmm je pense que vous souhaitiez plutôt dire qu’un montage blake bien réalisé dans les règles de l’art n’avait rien à envier à un montage goodyear (vous avez dit l’inverse, dans le paragraphe où vous défendez le cousu Blake)!

    A part ça (c’est bien peu), très bon article, j’ai beaucoup aimé la rédaction, l’accessibilité de l’article, bref, j’aime beaucoup!

    • Bonjour Greg. A quel niveau ? Parce qu’effectivement on souligne le fait qu’un bon blake vaut mieux qu’un mauvais Goodyear
      Je pense que c’est la dernière phrase qui était mal tournée : je l’ai modifiée !

      • Greg Madman

        J’avais d’ailleurs une autre question: est-ce que vous comptez parler du montage Blake Rapid, bien que ce montage hybride ne sache ni vraiment satisfaire les qualités du blake (souplesse), ni celles du goodyear (étanchéité, entre autre) ?

        Encore merci pour votre article: vous êtes super! :)